Association des Familles des victimes
du 26 Mars 1962
et de leurs Alliés
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Les témoignages sur la journée du 26 mars 1962 à Alger, rue d'Isly

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les civils

MADAME BIES

"Malgré tant d'années le souvenir du cauchemar de cette journée du 26 mars est encore bien présent. C'est avec ma belle-fille que j'étais partie pour la manifestation pour Bab-El-Oued. Au milieu de la rue d'Isly, alors que nous marchions bien tranquillement, une fusillade éclate semant une grande panique et nous ne comprenons rien à cette horreur. Des gens fauchés partout, du sang partout, des cris, des hurlements de douleur. Des gens ont cassé la vitrine d'une grande pharmacie, ma belle-fille et moi, nous nous sommes mises à l'abri. Quelle horreur !...

Une jeune femme et sa petite fille étaient mortes au milieu de la rue devant cette pharmacie et les hurlements des sirènes des ambulances étaient sinistres. Mon mari était bien plus loin et avait pu lui aussi se mettre à l'abri.

Quand on a pu revenir, la rue d'sly était en sang et jonchée de blessés et cadavres, c'était insoutenable. Au bas des escaliers de la rue Lacépède, là, c'était un ruisseau de sang, il a fallu que nous marchions dedans pour rentrer à la maison. Là, au bas de ces escaliers, que de morts! ... que de sang! ... Malgré tant d'années je vois encore ces atrocités qu'il est impossible doublier."